Une candidature de chef de travaux en 1886

En novembre 2008, Jacqueline BIGEONNEAU-POUDOU m'a écrit ceci :

Mon arrière grand-père était venu en Corse pour la construction du Chemin de Fer. Il est décédé de malaria à Ponte-Leccia. Lorsque son épouse accompagnée de ses 2 enfants (Ernest 7 ans et Louis 4 ans) voulut faire rapatrier sa dépouille, elle ne put accoster à Marseille en raison d'une épidémie de choléra. Elle dut faire demi-tour pour l'enterrer en Corse sur le bord du chemin (?) , Ponte Leccia ne disposant pas de cimetière.
Son décès ne fut enregistré à Morosaglia sur le registre de 1886 qu'en janvier 1887 : les chemins enneigés n'ayant pas permis à "l'âne" d'apporter la nouvelle ! 

   C'est ce que j'ai pu recueillir des dires familiaux.

Je vous joins le brouillon de sa lettre de candidature au poste de chef de section, ainsi que son portrait.

En fait le pauvre n'est resté qu'un an. J'admire le courage de mon arrière-grand-mère fraîchement transplantée de ses "brumes nordiques" qui a assumé cette tragédie familiale avec courage (nous étions en 1886). Elle a pu élever ses deux fils jusqu'à l'université, seule avec sa pension je suppose et en louant des chambres aux étudiants.

Cordialement

 In novembre 2008, Jacqueline BIGEONNEAU-POUDOU wrote to me :

My great-grandfather went in Corsica to built the railway. He died by malaria at Ponte-Leccia. When his wife with his 2 children (Ernest 7 and Louis 4) wanted to bring back his body, she could not board at Marseilles harbour because of a cholera epidemic. She had to go back to Corsica and to bury the body on the side of a path (?) because ther was no cemetery at Ponte Leccia.
His death was only registered at Morosaglia on the register of 1886 only in January 1887 : the snowed ways could not permit to he "donkey" to bring the information before !

This is was I heard in my family.

I join to you the rough copy of his candidature lettre for the job of section leader, and his portrait.

But the poor man stayed only one year. I wonder at the courage of my great-grandmother recently moved from her northern mist who took upon herself this family tragedy with courage (it was in 1886). She could educate her 2 sons till university, alone with her pension I suppose and by renting rooms to students.

Cordially.

Monsieur le Directeur,

Je Soussigné Ingénieur Civil diplômé de l'Université de Gand année 1874, ai l'honneur de solliciter un emploi de Chef de Section dans la Société des Chemins de Fer Départementaux.
J'habite Bastogne province de Luxembourg. J'ai été employé pendant près de dix ans, à la société de construction connue sous le nom de société Masure.
Après avoir commencé comme volontaire, j'ai été nommé conducteur de travaux puis sous-chef de section.
J'ai rempli ces dernières fonctions depuis l'année 1879 jusqu'au 1er novembre 1885, date du licenciement complet du personnel, licenciement qui provient de la dissolution de la société.
Dans le cas, Monsieur le Directeur, où vous seriez disposé à accepter mes services, je fournirai toutes les pièces que vous jugerez nécessaires. Vous pourrez constater que j'ai toujours rempli mes fonctions à la satisfaction de mes supérieurs.
Persuadé que vous prendrez ma demande en considération, je vous prie Monsieur le Directeur, d'agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués.
Votre bien dévoué serviteur, J Charles, Ingénieur à Bastogne (Luxembourg).

Sir Director,

I, the undersigned, Civil Ingenior, graduated of Ghent University year 1874, have the honor to ask for a situation of section chief in the Departemental Rainlway Company.
I live in Bastogne, in Luxembourg province. I worked for ten years, in the building company named Masure.
I began as a volunteer, then I was appointed as work conductor and after section under-chief.
I have done these last activities since year 1879 to 1st novembre 1885, date of complete sacking of all the employees, due to dissolution of the company.
If, Mr the Director, you would accept my services, I can provide all needful documents. You will see that I have always done my job with satisfaction of my superiors. I think that you will take into consideration my demand.
Yours truly, J Charles, Ingenior at Bastogne (Luxemburg).

retour à la page des anecdotes